27.03.2007

François Bayrou sur SkyRock : "La vitalité des banlieues est leur atout !

medium_bayrou-skyrock-big.jpgDans une rencontre plutôt inhabituelle avec les auditeurs de la station musicale de radio SkyRock, François Bayrou a entamé un dialogue constructif avec l'animateur vedette Difool et des auditeurs d'horizons divers, incroyablement ouverts vis-à-vis de sa personne. Une ambiance très décontractée, bien loin des émissions politiques du microcosme dénoncé en son temps par Raymond Barre. Le spectre des sujets abordés fut large : le cannabis, l'emploi, la discrimination à l'embauche, Jacques Chirac et son bilan. François Bayrou, très à l'aise, a passé ce nouvel examen de passage avec humour.

Les premières questions fusent. Nous sommes sur une radio essentiellement écoutée par des jeunes. Les auditeurs veulent savoir comment se passent les rations entre François Bayrou et Nicolas Sarkozy. François Bayrou ne se dit pas en conflit avec le ministre de l'Intérieur, mai les relations sont parfois tendues En tous les cas, ils ne sont pas proches. Ils n'ont pas la même vision de la société. Celui-ci laisse souvent entendre que François Bayrou serait plus conservateur que lui. Finalement, la vie passant, le progrès est plutôt chez François Bayrou, dit-il au micro. Nicolas Sarkozy prône une société plus dure, fondée sur le rapport de forces. François Bayrou dénonce au passage le partage vaguement incestueux du pouvoir entre l'UMP et le PS représenté par Ségolène Royal, dont il dit qu'il n'a jamais vraiment eu l'occasion de parler avec elle. François Bayrou se sent serein. Les attaques ne le gênent pas trop. Elles montrent que les tenants du système se sentent menacés. Mais tout cela le renforce dans sa détermination de gagner sa qualification pour le deuxième tour de l'élection présidentielle.

Concernant sa marionnette aux Guignols de l'Info sur Canal+, au début, elle l'agaçait un peu. Chemin faisant, depuis que la situation s'améliore médiatiquement, elle tend à devenir moins caricaturale, voire moins fausse. Quant à la gifle de 2002, François Bayrou n'aime pas rappeler ce mauvais souvenir, surtout pour le jeune homme qui a sans doute fait « une connerie, mais qui n'en fait pas ? Je me suis souvent renseigné ensuite pour savoir ce qu'il devenait. » ajoute-t-il.

En matière d'éducation, François Bayrou rappelle qu'il a voté contre le Contrat première embauche (CPE.) Difool lui demande pour quelles raisons. Parce que c n'était pas normal de faire peser toute la précarité de notre société sur le dos des jeunes. Des jeunes qui doivent souvent gagner leur vie pour étudier. François Bayrou souhaite une politique active de redistribution des bénéfices aux employés dans les entreprises qui fonctionnent. Il souhaite aussi que les heures supplémentaires soient mieux rémunérées, sans que cela ne grève la masse salariale de l'entreprise. Les charges sociales sur les 35% de surplus sur les heures supplémentaires disparaîtraient. Il a redit sa volonté de voir institués les deux emplois sans charge par entreprise. Quelle que soit leur taille.

En revenant sur ses rapports avec Nicolas Sarkozy, François Bayrou a déploré que celui-ci porte un projet de société qui antagonise, qui mette le conflit comme ultime fin et moyen. Il prône à l'inverse une société du respect, dans une république apaisée. C'est ainsi qu'il s'est rendu dans toutes les banlieues défavorisées. Même lorsque les caméras n'étaient pas là. L'espoir n'y est plus présent. Les banlieues sont parmi les problèmes les plus cruciaux de notre société, que François Bayrou veut régler au plus vite en rendant leur dignité à chaque habitant de ces quartiers en difficulté. Ce qu'a dit Nicolas Sarkozy en utilisant des mots tels que « racailles », ce n'était « pas bien » selon François Bayrou. Les mots sont des armes. Pour gouverner sereinement, il faut savoir utiliser les mots justes.

Jérôme, un auditeur de Goussainville, l'interroge sur la légalisation du cannabis. François Bayrou lui répond qu'il n'aime pas la drogue. Que cela fait de gros dégâts. Pas seulement sur les individus qui en abusent, mais également sur les familles. Il préconise une politique beaucoup plus volontariste en matière de prévention. Il convient que la loi de 1970 sur la répression de l'usage de stupéfiants n'est plus très adaptée. Ce qui lui semble, c'est qu'il faut se réunir, acteurs de la prévention, éventuellement consommateurs, pour convenir d'un mode d'action plus efficace. L'alcool pour lui peut également devenir une addiction. François Bayrou affirme qu'il n'a jamais fumé de cannabis de sa vie.

Il raconte à l'antenne qu'il fut longtemps professeur de français, latin et grec. Il avoue son amour des enseignants qui sont souvent en première ligne lorsque les problèmes surviennent. Là aussi, il souhaite une politique de soutien ferme à l'éducation nationale. Spécialement en termes de moyens. Malgré la dette énorme qui pèse sur les épaules de chaque famille, environ 100.000 euros. La dette et les trente-cinq heures, pour François Bayrou, ont considérablement ralenti l'activité économique. Il constate ue cela a renforcé la pression sur les travailleurs. Il veut garantir, pour en revenir à l'école, dans cette émission un peu décousue, que chacun pourra réussir, où qu'il soit. Son leit-motiv dans cette campagne reste l'entrée en sixième pour les élèves qui savent lire, écrire et compter. Si on laisse passer cette étape, après, il est extrêmement difficile de la rattraper. Gilles de Robien, dont les rapports avec François Bayrou se sont un peu distendus, essaye dans son ministère. Il hésite encore à rejoindre définitivement Nicolas Sarkozy, selon le candidat à l'élection présidentielle.

François Bayrou souhaite que dans tous les établissements scolaires, soit restauré le calme dans les classes. Il n'est pas favorable à la présence d'un surveillant par classe, mais dans les cours de récréation pour maintenir une vie scolaire plus harmonieuse. Il ne souhaite pas non plus la disparition de la carte scolaire, qui était auparavant la garantie d'un niveau égal partout. Ce n'est plus vas. Il est nécessaire de lui rendre sa vocation première.

Quant aux discriminations, François Bayrou observe d'abord l'extrême vitalité qui existe dans les banlieues. Il souhaite ardemment encourager les jeunes à fonder leur entreprises, avec ses mesures pro-entreprises comme le Small Business Act ou les deux emplois sans charge. Il a rencontré des « gens formidables, comme le rappeur Rough, qui est également responsable d'une association d'insertion. » Il est d'accord avec les auditeurs sur le fait qu'il faut changer les mentalités. Il se montre sceptique face au CV anonyme et à la discrimination positive.

Il regrette que les services publics aient abandonné les banlieues. La police ne vient plus que de l'extérieur pour des opérations coups de poing et jamais pour faire de la prévention. Il veut restaurer toute une gamme de services publics et pense que la vitalité des banlieues y aidera beaucoup.

Sur des questions plus purement politiques, il répète qu'il aimerait un duel avec Nicolas Sarkozy. Mais l'objectif reste d'abord de se qualifier pour deuxième tour. Il verra ce que les Français lui offriront comme adversaire au tour suivant. Quant à Jacques Chirac, il a souvent été en désaccord avec lui. Mais il a salué sa position quant à la guerre en Irak. Il a fait attention de ne pas provoquer de fracture dans la société française. Mais ne gouverner qu'avec les 19% du premier tour ne fut pas sa décision la plus heureuse, selon lui.

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